mardi 12 décembre 2017

Mazinger z infinity (Gekijôban maziger Z) réalisé par Junji Shimizu (2017)


Mazinger z infinity (Gekijôban maziger Z) réalisé par Junji Shimizu (2017)

Quand la nostalgie tue le film...

La nostalgie de l'époque (j'ai fait partie des premières "générations manga" avec Goldorak aka Grendizer - animation issue du même univers de l'auteur Go Nagaï - ou Candy et Albator Aka Harlock-) et un trailer assez punchy m'ont convaincu d'aller voir ce film.

Une interview de Go Nagaï et quelques articles publiés nous ont  appris que si Go Nagaï n'avait pas été associé de près à l'oeuvre, celle-ci avait été produite par des fans devenus adultes. Et ceci explique les défauts inhérents de cet animé, mais nous allons y revenir.

Un petit mot sur Go Nagaï : il est le père du robot géant directement piloté par un humain, c'est à dire du mécha comme on le comprend souvent ici (le terme a une signification plus vaste au Japon).

Passons d'abord aux points positifs : l'animation est magnifique. Tout en respectant les codes visuels de l'époque, la production a modernisé les dessins, créé une animation dynamique qui utilise la 3D de façon harmonieuse pour les combats de méchas.

Autre élément positif, l'histoire se déroule 10 ans après l'époque de la série d'origine : cela donne l'occasion aux auteurs de dérouler un rétrofutur alternatif assez intéressant dans les visuels, par exemple.

Malheureusement cela se gâte assez rapidement avec un scénario assez lourd, comportant de longues répliques où les personnages peuvent expliquer leurs choix [10 ans après], comme la volonté d'un des pilotes d'aller vivre dans un vieux quartier traditionnel où il se sent plus à l'aise. Laissant une grande place à ces longues scénettes, il ne se passe pas grand chose entre le prologue et la scène d'action finale. 

Tout ce passe comme si les créateurs avaient voulu, en grands fan boys, mettre en scène la vie future de leurs personnages favoris. Le film pêche aussi par la volonté des auteurs d'avoir voulu insérer le maximum de personnages* et monstres robotiques à l'écran (une centaine de kaijûs robotiques), ce qui le rend trop fouillis et nous déconnecte de tous les protagonistes.

L'idéal aurait été de faire une sorte de reboot modernisant le propos en gardant l'essentiel et quelques personnages emblématiques, mais la direction artistique prise de placer tous ces personnages nous donne 

Et le final part dans une sorte d'apothéose new age (sic). Assez décevant, mais à voir si vous êtes des quarantenaires nostalgiques.




* notamment le personnage comique de la série originelle avec son robot boite de conserve... Après le développement d'enjeux extrêmement sérieux, une scène avec lui jure énormément.

jeudi 30 novembre 2017

Le Japon en France sans le savoir : Les Mikados - ポッキかミカド?

Article issu du blog tabi.over-blog.com du 26/09/2007. A l'époque les friandises et gâteaux japonais n'étaient pas aussi connus et n'avaient pas l'exposition médiatique (sur youtube etc...) qu'ils ont aujourd'hui. Des sites comme umaibox ou candysan qui font de la vente en ligne de ces friandises nippones n'existaient pas non plus.

Mikado ou Pocky? Le Japon en France sans le savoir?

Certains objets ou produits de la vie courante ont parfois une origine inattendue. Ainsi, le saviez vous? Les mikado que vous dégustez parfois, ces délicieux biscuits en bâtonnets glacés de chocolat, sont d'origine japonaise (de la société Glico).

Leur nom d'origine est pocky (prononcez pok-ki). Ils seraient sortis la première fois sur le marché japonais en 1965 et leur succès ne se serait jamais démenti depuis : de nombreux goûts sont disponibles (glaçage à la fraise, amande, banane, lait...), et des éditions spéciales sont régulièrement proposées, à l'instar des kitkat.

Dans les années 80, ces biscuits apparaissent en France, produits par LU (titulaire de la licence Glico en Europe) sous le nom de Mikado. Actuellement 4 produits sont disponibles: chocolat noir, au lait, noisettes, et enfin caramel.

Cette semaine nous avons eu l'occasion de découvrir en supermarché une "édition spéciale zen - chocolat blanc". Serait-ce à l'instar du Japon le début d'une longue lignée de séries limitées ? 

[Les années suivantes nous prouveront le contraire]

Photos des "éditions spéciales" de 2007. Ces goûts deviendront standards. "Glico" apparaît juste en dessous de Lu.



 Un Pocky du Japon :


Quelques références : Un site en sommeil "Mazui", mais toujours existant, avec une série de Pockys. Ou le site de Color Lounge.

jeudi 9 novembre 2017

Kaiju daisenso_Invasion planète X (1965)


Nous sommes en pleine conquête de l'espace, entre le vol de Youri Gagarine en 1961 et le premier pas sur la lune en 1969. L'époque est optimisme devant les progrès de la technologie. Et Ishiro Honda se retrouve à nouveau aux commandes de son sixième godzilla, qui met en avant la conquête spatiale et la figure des inventeurs...

A l'occasion d'un progrès scientifique, la terre détecte une dixième nouvelle planète (Pluton est alors encore une planète), dénommée X et une expédition emmenée par le Japon est mise en place, pour découvrir une planète habitée et ravagée par un kaïju.

Les ixiens vont bientôt proposer d'emprunter aux terriens "leurs" godzilla et  afin de lutter contre, en échange d'une cure contre le cancer.

Sur un scénario assez étonnant pour un godzilla, les forces de la nature que représentent les kaïjus sont mises de côté jusqu'à la conclusion du film, pour se concentrer sur le secret qui entoure la planète x et les agissements de ses habitants. Nous nous trouvons ainsi et pour longtemps dans un film de SF d'époque avec son lot de mystères (*).

Quant au final, il amène l'idée que le contrôle des forces de la nature (kaïjus) ne peut qu'échouer et le retour à la normale passe par l'acceptation de celles-ci sur Terre :


Du côté du casting, et pour la mise en lumière internationale de ce voyage spatial, la présence d'un acteur anglais Nick Adams (l'astronaute Glenn) est à noter. Une première pour un film de la franchise, je crois.

Kumi Mizuno laissera également un souvenir durable pour les amateurs dans son personnage de Miss Namikawa :


En conclusion un bon godzilla de l'époque classique, assez étonnant dans sa forme.

* paranoïa et invasions. Ce film est toutefois précurseur de la série les envahisseurs.

mercredi 5 juillet 2017

Au Japon avec Théodore Monod




28 décembre 2007 : un article apparaît sur un ancien blogue (tabi sur over-blog) alors que je m'apprête à partir pour le Japon via l'Autriche. Depuis, beaucoup de changements ont eu lieu et la compagnie, Austria Airlines, ne dessert plus le Japon.
Cet article est un peu périphérique au Japon, mais il a sa place ici (05/07/2017)

La "magie" du blog internet est de pouvoir écrire à l'avance ses notes et les sortir en pilotage automatique. Je serais donc dans l'avion au moment où ces lignes apparaîtront.

Dans mon sac se trouvent toujours une revue sur le cinéma et un livre acheté pour l'occasion quelques jours auparavant : Il est des habitudes qui naissent et créer des rites signifiants pour soi-même.
 
Plus que l'utilité pour le voyage - il n'est pas dit que soit trouvé le temps pour une lecture pendant cette brève halte au pays du soleil levant - il s'agit avant tout de marquer le Départ.

Ainsi, j'emporte "Pèlerin du Désert" de Théodore Monod : ce livre avait été trouvé dans une librairie d'occasion après l'achat des billets d'avions pour le Japon. Il me semblait porteur de sens de ne l'ouvrir que lors d'un départ.

Pourquoi ce livre? Je pense en avoir entendu parler sur un autre site : Théodore Monod serait de cet esprit nomade, riche de réflexion en ces temps où le repli sur soi apparaît si séduisant chez certains ...

A l'arrivée, je prendrais au distributeur une bouteille en plastique de thé vert amer et sans sucre. Comme toujours. Il est des habitudes...

@ bientôt

samedi 1 juillet 2017

Natsume no yûjinchô - le livre des amis de Natsume, série animée



Synopsis (wiki) : Natsume est capable de voir les yôkai et les ayakashi (esprits surnaturels japonais) alors que son entourage ne les perçoit pas. Petit, il ne les appréciait pas particulièrement car les apparitions avaient tendance à le placer dans des situations embarrassantes, voire dangereuses et le conduisaient à des comportements que les humains normaux ne peuvent comprendre. Catégorisé comme « bizarre », l'orphelin est solitaire, rejeté par les autres enfants et passe de famille d'accueil en famille d'accueil. À la suite d'un énième déménagement, de nombreux yôkai se mettent à le pourchasser sans qu’il ne comprenne pourquoi. En tentant de fuir une attaque, il pénètre un jour dans un lieu sacré et libère par inadvertance Madara, un « chat » qui avait été piégé là. Cette rencontre amène Natsume à découvrir l'héritage de sa grand-mère Reiko, le « Livre des amis », un carnet contenant les noms de nombreux esprits qui confère alors le pouvoir de contrôler ces derniers. Dépassant la peur et de l'incompréhension, Natsume tisse des liens de respect et d'amitiés avec certains yôkai et se met en quête de « rendre » leur nom aux esprits piégés. Madara décide d'accompagner le garçon, en tant que sensei et garde du corps. Mais alors que pour une fois, Natsume sort de l'isolement et se lie avec sa famille d'accueil et ses camarades de classe, il découvre qu'il est parfois difficile d'entretenir conjointement des relations d'amitiés avec des esprits et des humains…
Natsume no yûjinchô - littéralement le livre des amis de Natsume, série animée adaptée du manga éponyme édité en France sous le titre "Le Pacte des Yôkai".


Il y a longtemps, j'étais tombé sur une enquête d'opinion auprès des spectateurs japonais : ils devaient répondre à la question "quels anime voudriez vous conseiller aux étrangers?". Les réponses présentées sous forme de liste contenaient une oeuvre assez peu popularisée ici : Natsume no Yûjinchô, littéralement le livre des amis de Natsume. Et pourtant, quelle série formidable... 

La désaffection relative vient peut-être d'une porosité incomplète de la transmission de la culture japonaise populaire : certains animés spectaculaires obtiennent plus d'audience que d'autres à la trame de fond fondamentalement japonaise.


En effet, Natsume Yûjin chô illustre profondément cette notion du lien entre les choses et les gens (tsunagari) que l'on retrouve également dans le film à succès "kimi no na ha" et de l'adage japonais "ichigo ichie" [un temps, une rencontre]. 



*****

Comme le synopsis l'indique, Natsume a la capacité de voir "les yokais" (tous les humains ne le peuvent pas), et donc d'interpréter le monde, la nature (auxquels les humains participent) à travers ses liens (les yokais sont souvent reliés à une chose, ou un principe).


Autrefois enfant ignorant et solitaire, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, Il est bientôt reçu et accepté par des parents lointains et peut ainsi faire l'apprentissage progressif de la socialisation au lycée et de ses capacités particulières, tout en créant des relations d'amitiés avec certains yokais et humains.





Il reçoit aussi en héritage de sa grand mère (il ne l'a pas connue, sans parler de ses parents) ce fameux livre des amis, qui contient le vrai nom, donc un certain pouvoir, sur certains yokais. En rendant leur nom à ces yokais il reçoit en retour des images et souvenirs des rencontres de ces êtres avec sa grand mère. Un nouveau lien se forme.


Profondément humaine, cette oeuvre prend la forme d'un conte philosophique de la place de l'Homme dans la nature, avec un profond sentiment de nostalgie. 

Quant à sa structure narrative, avec 6 saisons, Natsume yûjinchô est une série au long court qui se laisse découvrir pas à pas : chaque épisode est indépendant, ou presque (deux épisodes peuvent concerner la même histoire) et le monde avance par petite touches (avec l'évolution des personnages, l'apparition de nouveaux protagonistes...).

La musique instrumentale qui illustre des moments clés de la série, possède un côté charmant qui évoque des animations à l'ancienne et génère aussi une part de nostalgie.

En conclusion, Natsume yûjinchô est une série qui pourrait illustrer pour moi ce concept de mono no aware

* Concept spirituel et esthétique

vendredi 26 mai 2017

La cuillère d'argent, manga de Hiromu Arakawa



Silver Spoon (aka gin no saji) écrit par Hiromu Arakawa
Actuellement : 13 tomes parus (JP ou FR). En cours de publication.

Sans doute mon gros coup de coeur en manga "tranche de vie" depuis longtemps, Gin no saji est une oeuvre qui, sous une forme "innocente", pose avec bienveillance de nombreux questionnements sur le monde agricole.

Yûgo, est le cadet d'une famille au contexte particulier : son père est un homme austère et autoritaire qui mesure tout à l'aune de la réussite scolaire. Après un échec à l'entrée d'un lycée très côté, Yûgo décide d'entrer dans un lycée agricole du fin fond de Hokkaidô pour s'éloigner de la pression familiale et de celle des examens -les deux se confondant un peu -. 

A l'instar d'un candide citadin, il découvrira un monde qu'il ignore et tous ses questionnements et incertitudes : économiques, éthiques et philosophiques... Évitant l'écueil du "sur-place", l'auteur du manga fait évoluer les personnages et leurs relations, en même temps que le passage des saisons(au tome 13 nous sommes déjà en première) et Yûgo, lui même finit par se connaître et trouver le courage de commencer à s'affirmer face à son père.


A noter que l'oeuvre est adaptée en animé et en un film live.

mercredi 10 mai 2017

Instantané : Après la tempête réalisé par Kore Eda Hirokazu





 
Après la tempête (2016 au JP - umi yori ni mo mada fukaku ; encore plus profond que la mer) est le dernier film en date sorti dans nos contrées de mon réalisateur (et scénariste) japonais préféré : Kore Eda Hirokazu. 

Nous retrouvons l'auteur en forme, plus à l'aise dans une oeuvre personnelle qu'avec Notre petite sœur, adaptation d'un manga. 

Dans une approche quasi documentaire, il traite principalement de la famille dans tous ses états et sous divers éclairages, mais avec une bienveillance constante. 

Ici un père de famille irresponsable, joué par le toujours excellent Abe Hiroshi, qui ne gère pas très bien la séparation avec son ex-femme et son fils. La mise en lumière se fait sur les relations compliquées avec un membre d'une famille dont les défauts ne peuvent être pris en modèle.

Au casting nous retrouvons un peu "la famille Kore Eda" avec, en plus d'Abe Hiroshi, Kirin Kiki (également dans still walking...), Lily Franky (tel père, tel fils...)... A noter la présence de Satomi Kobayashi dont c'est -il me semble- la première apparition dans une des oeuvres du réalisateur (elle est connue pour Kamome Shokudo, notamment).